Relativisons

 
(2004) – de Toon's


Tu sais, crois moi
J'ai pas une vie facile
Mais tous ces gens là-bas
La prendraient parmi mille
 
Je parle de tous ceux
Qui se battent tous les jours
Pour vivre un p'tit peu mieux
Pour pas que vienne leur tour
 
Beaucoup trop d'enfants meurent
Avoir d'avoir dix ans
Pendant que moi j'ai peur
D'aller m'soigner les dents
 
Relativisons…
Nous avons de la chance
D'être ici, d'être en France
Relativisons…
 
Nos malheurs sont minimes
Par rapport à ces gens
Qui vivent près des mines
Qui meurent à chaque instant
 
On peut aller voter
Sans risquer d'être tué
Ce qu'on veut on peut l'dire
On peut pas en mourir
 
Le travail qu'on trouv'ra
Qu'on l'apprécie ou pas
Nous permettra d'manger
Sans pour autant mendier
 
Relativisons…
Nous avons de la chance
D'être ici, d'être en France
Relativisons…
 
Nous tous français moyens
Bientôt « européens »
Devrions nous réjouir
Mais plus jamais en rire

Et pour tous vos soucis
Plutôt que de crier
Que le ciel vous en veut
Que vous êtes malheureux
Et bien réfléchissez
Et profitez d'la vie
 
Et tu as beau te dire
Que quand on veut on peut
Quand tu es malheureux
Ils l'sont en trois fois pire
 
Relativisons…
Nous avons de la chance
D'être ici, d'être en France
Relativisons…
 
Alors bien sûr je sais,
Tu peux ne pas me croire
Tu fais ce qu'il te plait
Je garde mon espoir
 
Que tous les gens un jour
Cesseront de pleurer
Et diront leur amour
Sans qu'on leur ait d'mandé
 
Que chacun comprendra
Qu'il n'est pas seul au monde
Qu'il a d'la chance d'être là
Dans cette France immonde
 
Que personne n'oubliera
Qu'ici on est très bien
Même si l'on a trop froid
Même s'il n'y a plus d'pain
 
Que les trois quarts des gens
Tout autour de la Terre
Nous envient constamment
Mais doivent quand même se taire
 
Relativisons…
Nos soucis sont minimes
Au regard d'autres vies
En voyant tous ces crimes
Et ces pleurs infinis